VISITE A LA MANADE DU ROUSTY

Les éleveurs ont invité leurs amis
à découvrir les nouvelles installations

André-Paul Chagnoleau, Ludivine Chagnoleau et Hugues Clavel.

Alors que la saison touche à sa fin, les éleveurs entreprennent le travail d’hiver sur des terres parfois détrempées. Certains programment des bistournages, des séances de marquage des veaux, la remise en état des installations ou toute autre opération que l’été et son lourd périple ont mis de côté, d’autres en profitent pour ouvrir leurs portes aux amis de la marque, aux organisateurs qui leur ont fait confiance la saison écoulée, pour un moment de convivialité. C’est ce qu’a fait dernièrement la manade Du Rousty, crée voilà maintenant une quarantaine d’années (1977). L’élevage a pour origine Pastré et Guillierme. Les pâtures se situent sur la commune de Saint-Gilles au Marais d’Espeyran et au bois du Puech Rouge récemment sinistré et rendu inexploitable par les récents incendies, ainsi qu’au Marais du Rousty.
C’est dans ce lieu magique, au plus profond de la Camargue après avoir emprunté la route de Gimeaux à la sortie de Saliers en direction d’Albaron que le rendez-vous était donné. André-Paul Chagnoleau (qui fut gardian amateur chez Emile Bihau avant de devenir bayle gardian chez Daniel Thibaud), sa fille Ludivine (qui fut Demoiselle d’honneur de Florence Disset, Reine d’Arles) et son gendre Hugues (Clavel), par une journée plus printanière qu’automnale, ont donc reçu leurs hôtes dans leurs toutes nouvelles installations pour une journée d’estrambord. Ludivine adressait à ses invités des mots de bienvenue illustrés de quelques images, faisant un clin d’œil à sa maman qui, de là-haut veille depuis deux ans sur les siens.
Magnifique salle, laupio à proximité, bouvaou sur le devant, marais sur le derrière, c’est sur le clos du côté que les regards se posent et s’attardent. Et pour cause. Il y a des biòu !

Moka du Rousty.

Une bonne vingtaine dont celui qui depuis quelques années, fait parler de la devise Jaune, Vert et Noir dans les pistes de Provence et d’Occitanie. Planté, l’œil aux aguets, il n’en perd pas une et par moments, à force d’entendre son nom résonner Moka ! n’hésite pas à gratter le sol. A ses côtés, parmi une paire de taureaux jeunes prometteurs et porteurs d’espoirs, Capuccino, Versadou et le tout dernier, révélation 2019 de l’élevage, le jeune Novi. Tous intrigués à la vue de toutes ces personnes (environ 200), et notamment par l’arrivée de la Peña du Midi qui, jusqu’à tard dans l’après-midi, a mis le feu et animé la journée.
Une fois les rations de foin distribuées aux biòu qui peuvent désormais regagner le marais, juste de l’autre côté du barrage, c’est autour de fines agapes que les discussions, de biòu bien entendu mais pas que, ont conduit jusqu’à la tombée de la nuit. Une nuit qui allait plonger la Camargue, cette Camargue sauvage, havre de paix des chevaux blancs, taureaux noirs et flamants roses, dans son silence hivernal au son, qui sait, de quelques guitares se rendant aux Saintes-Maries-de-La-Mer, toutes proches…
CYRIL
Texte et photos