VILLENEUVE-LES-MAGUELONE : l’Ecole de la Passion

Le costume et les traditions au menu des Demoiselles de Maguelone

Petit à petit la Section taurine fait son nid. Si les spectacles de rue avaient depuis longtemps place dans les ruelles du village, les membres du club dévorés d’aficion ont eu la joie de voir aboutir la construction d’arènes inaugurées le 17 septembre 2005. Puis, par leurs affiches de course camarguaises montées honnêtement, par l’école de raseteurs qui a vu naître puis accompagner Jérémy Aliaga, la Section a franchi un pas dans son envie de transmission avec la création de l’Ecole de la Passion en 2017. Le but : faire connaître la course camarguaise, ses traditions et ses coutumes à des jeunes de 12 à 18 ans afin qu’ils en deviennent les futurs acteurs. Aujourd’hui, une dizaine de filles et garçons suivent ce programme. Théorie et pratique du travail en manade (chevaux et taureaux), apprentissage du raset, organisation de courses, sensibilisation à l’environnement…  Manquait un volet : le costume et le folklore. Depuis une semaine, c’est chose faite. Le groupe folklorique « Les demoiselles de Maguelone » est né.
Mercredi dernier, dans la salle des arènes transformée en ruche bourdonnante, le président Sylvain Mestre, aux côtés d’Eric Matéo, a bien du mal à en placer une. L’enthousiasme des postulantes au costume est total. Sous la houlette de Joëlle Boudoux, Marie Laporte et Christine Michel entre autres, la vingtaine de présentes (et présents) déborde de curiosité, avide de conseils sur les nombreux codes à respecter, les tissus, les bijoux… 
Les trésors de Joëlle
Les rubans de Joëlle.

L’expérience de Joëlle est indispensable : «Femme de gardian professionnel, je porte le costume depuis très longtemps et j’en apprends encore. Il faut être patiente, passionnée, disponible… ce n’est pas le carnaval. Les mamans intéressées pour leurs enfants doivent être conscientes du travail à fournir ».

Premiers objectifs : initiation au vocabulaire, ateliers coiffure et couture. Il est convenu de se retrouver le mercredi en fin d’après-midi et une liste du matériel de base est donnée. Déjà bien affairées par les premiers documents amenés, quand Joëlle sortit ses trésors – une douzaine de rubans d’Arlésienne -, les filles ont eu les yeux emplis d’étoiles.
Le président, lui, est resté dans le concret : « Pour faire quelque chose de bien, il faut se donner les moyens. La Section appuiera financièrement les besoins et part en chasse d’aide et de subventions. La municipalité a déjà accueilli favorablement la demande et la députée Patricia Miralles a été sensibilisée à ce projet pédagogique…»
Première sortie des Demoiselles, le 3 mai pour la présentation de la saison villeneuvoise et, dans le futur proche, trois capelado à élaborer pour les 20 juillet, 25 août et 31 août.
D’ici là, le groupe a du pain sur la planche, les machines à coudre vont chauffer. Et la Section taurine de continuer, après en avoir tracé le sillon, à semer les graines de l’aficion pour en assurer le futur.

MARTINE ALIAGA
Texte et photos

Attentives et enthousiastes, les prétendantes au costume.