SAINT-LAURENT-D’AIGOUZE : jubilé de Cédric Miralles

“Une journée simple et festive comme moi"

Quand il regarde dans le rétroviseur ses 20 ans de carrière, Cédric Miralles ne se la raconte pas. A aucun moment, il ne parle de trophées gagnés ou pas… Lui, ce qui l’a marqué, ce sont les rencontres humaines et les tête-à-tête avec les taureaux. Entretien avec un garçon attachant, sérieux et marrant à la fois, à qui la course camarguaise a permis de canaliser son énergie et de tracer sa vie d’homme.
Vous avez décidé d’arrêter, pourquoi ?
« A 37 ans, le corps commence à se souvenir des coups reçus, il me dit d’arrêter. J’ai subi beaucoup de blessures, deux coups de cornes au bras, je me suis cassé le radius, l’omoplate, la clavicule, le nez (trois fois), le genou, la rotule, coude explosé, sans parler des déchirures musculaires, ligaments croisés… etc. Après chaque blessure, j’ai toujours voulu revenir à mon niveau, par orgueil de dominer les taureaux. J’avais des rasets engagés, je voulais aller au contact, rester le plus longtemps à la tête, sentir le souffle du taureau… Tout seul lui, moi et l’adrénaline. Alors, ça laisse des traces. »
Comment avez-vous débuté ?
« Nous habitions Arles, mon père travaillait chez Jalabert à La Chassagne et mes premières rencontres taurines ont été avec des vaches espagnoles, puis taureaux-piscine à Arles, ferrades à la manade Lautier… Et quand nous avons déménagé à Saint-Martin-de-Crau, j’ai rencontré Emile Dumas, je me suis inscrit à l’école de raseteurs de Saint-Gilles (1997). J’ai arrêté un temps, puis repris en 2001 avec Gérald Rado, à Arles. 2002 protections ; 2003 Avenir et premières blessures ; 2004 – 2007, As, rotule cassée convalescence longue et compliquée. En 2008, je reprends au groupe 2 (Honneur) et je fais une belle saison (derrière Jockin, Noguera, Ricci) et je poursuis jusqu’en 2018. »
Que vous a apporté la course camarguaise ?
« Je viens d’un milieu populaire et, quand tu es jeune, tu peux être grisé car les taureaux te permettent vite de mener la grande vie. Si tu dépenses tout, ou si tu te blesses, alors les hivers sont longs. J’ai compris et j’ai toujours travaillé en même temps. Les taureaux m’ont aussi aidé à canaliser mon comportement, j’aurais pu mal tourner. Le bon côté, ce sont toutes les rencontres, la notoriété permet même de trouver du boulot… Avec les organisateurs de courses, j’ai toujours été correct, je les ai respectés ce qui me permet de terminer cette saison avec 50 invitations. Des relations avec des manadiers, des amateurs, d’autres raseteurs… J’ai noué de belles amitiés, notamment avec Hadrien Poujol, le parrain de mon fils Pablo, avec Arnaud Bonhomme ou Lilou. Et aussi l’équipe avec qui je termine ces dernières années. Ils se reconnaîtront. Ils ont un état d’esprit remarquable, j’ai pris beaucoup de plaisir à raseter avec eux. »
L’avenir ?
J’aimerais passer tourneur mais j’attends le feu vert du chirurgien pour mon genou. Je m’occupe déjà de l’école de raseteurs de Saint-Laurent-d’Aigouze, je veux aider les jeunes. Moi il m’a manqué un proche pour m’épauler, alors je suis à leur écoute. La course camarguaise en quelques années a changé, comme la société, tout va plus vite. Il faut qu’elle garde son dynamisme, c’est possible comme l’a démontré la finale des As…
Vendredi, c’est carrément une journée qui est organisée pour votre der ?
J’ai voulu un jubilé qui me ressemble, ce sera une journée simple et festive, avec les amis, la famille et quelques surprises… Histoire de se retrouver.
Propos recueillis
par MARTINE ALIAGA
Photos MALI
Vendredi 2 novembre : 10 h, déjeuner offert au Mas d’Anglas. 11 h, abrivado ; 12 h, apéritif et paella ; 14 h 15, capelado de Renaud Vinuesa ; 14 h 30, 8 €, 2 taureaux pour les anciens raseteurs, 1 vache en tienta, 1 taureau pour l’école de raseteurs de Saint-Laurent, 1 étalon, Aramis de Nicollin, Aptel de Cuillé, Rascaillan de Saumade, Thérésa de Blatière-Bessac. Verre de l’amitié salle Vincent-Scotto avec l’UCTPR.
Pack jubilé : 20 €, repas + course, réservations au 06 43 60 67 90.