MANADE LAURENT

Jupiter l’or noir des Marquises

La manade Laurent savoure ce 13e Biòu d’Or, symbole de la pérennité de l’élevage à la grasilhe.

Jupiter porte fièrement sa devise blanc, vert, rouge. PHOTO MALI

Le blanc pour la pureté de la race, le vert de l’espérance toujours chevillée au cœur, le rouge de la passion intacte… Aux trois couleurs de la devise de la manade Laurent, Jupiter rajoute l’or de la récompense suprême. En ce 21 novembre 2018, par la grâce de son N.619, l’élevage des Marquises ajoute un 13e Biòu d’Or dans la pièce-sanctuaire des trophées de la grasilhe.

« Nous sommes très fiers de ce titre, lance Patrick Laurent, pour Jupiter, c’est son Biòu d’Or à lui mais aussi pour toute la nourride des 600, symbole du renouveau des Marquises ». Du baume sur la plaie encore sensible de l’abattage sanitaire des cocardiers en 2005. Le pari de la science pour conserver le sang, le bien-fondé de la volonté des Laurent à recommencer et le retour des taureaux en piste en 2009, dont Jupiter.

« Ce taureau c’est un extraterrestre » Patrick Laurent

« C’est aussi la récompense du travail fait, de sa carrière que nous avons gérée au mieux, de sa formidable saison 2018… Ce taureau c’est un extraterrestre ! », reprend le manadier.

Henri Laurent, dépositaire de l’histoire de la manade, a les yeux un peu embués à l’évocation des temps passés, des anciens Biòu d’Or et de toutes les incertitudes liées au redémarrage de l’élevage : « Je pense à tous les cocardiers de la race, aux géniteurs Lion et Téflon et à lui, Jupiter, si généreux et volontaire, jamais battu, barricadier exceptionnel. Il a su toucher le public qui votait pour la première fois pour le Biòu d’Or. Une voix a fait basculer le vote, c’est celle du public, ça prouve qu’il leur a plu ! »

Alors comment se porte le champion depuis ses fracassantes actions à la finale des As ? « A ses deux dernières courses Châteaurenard et Nîmes, il retombe très mal sur le bassin, après un coup de barrière. Il boitait alors le vétérinaire nous a déconseillé de le faire courir. C’est pour ça qu’il n’a pas pu aller à Lunel (le 11 novembre). C’est compliqué un taureau comme lui, soupire Patrick. Il se donne à 200 % tout le temps. Pour faire ses adieux, il faut qu’il soit en pleine forme. Alors, il ira à Lunel en 2019 ».

Pourquoi des adieux alors qu’il n’a que 12 ans ? « On l’arrête avant qu’il ne lui arrive un gros pépin ou que lui, en piste, nous montre qu’il ne veut plus. On les connaît les taureaux qui ont ces qualités, on ne veut pas qu’il finisse mal. C’est un Biòu d’Or ! »

Le premier Biòu d’Or du jeune Paul

Le jeune Paul Laurent aux côtés de son père Patrick. PHOTO CHRISTIAN ITIER

Et pour l’heure, les Laurent reviennent avec bonheur sur cette journée de finale où Paul, fils de Patrick et Estelle, petit-fils d’Annie et Henri, a soulevé son premier Biòu d’Or du haut de ses 14 ans. «Nous avons voulu que ce soit lui, disent à l’unisson les Laurent, il s’investit tellement à la manade et de plus en plus. Depuis tout petit, il est à cheval, il veut toujours partir dans le camion pour faire courir. Et même s’il ne parle pas beaucoup, nous avons bien senti qu’il était heureux, d’ailleurs il l’a bien fêté…» Nous n’en saurons pas plus… Sauf que la famille savoure paisiblement ce titre tout en poursuivant le chemin rigoureux et exigeant de l’élevage. La relève est assurée avec Marlou, fils de Cassius, par exemple, qui, aux côtés de Lebrau, Titan, Clan Clan, Colbert, Roméo, Aragon, est fin prêt à reprendre leflambeau.

Les étoiles brillent dans le ciel des Marquises, celles des douze Biòu d’Or, trésors de l’histoire des Laurent, plus une, celle de Jupiter. Flamboyante !

MARTINE ALIAGA

Photo de tête (Jupiter, Clan Clan, Titan, Aragon) HERVE BERNON.

Claire Charbonnel, directrice générale de Midi Libre, a remis le Biòu d’Or à Paul, entouré de son père Patrick et son grand-père Henri, accompagnés de la Reine d’Arles, Naïs Lesbros. PHOTO MALI


Les 13 Biòu d’Or

1959 et 1960, Tigre
1962, Caraque
1965, 66, 67, Loustic (mis hors concours par la suite)
1974, Gardon
1976, Goya
1985, Fidélio
1987, Filou
1990, Banco
1997, Rubis
2018, Jupiter

Jupiter : sa carrière

A partir de 6 ans, Jupiter intègre les courses du Trophée de l’Avenir où son potentiel barricadier va totalement se confirmer tout comme son extraordinaire jusqu’au-boutisme. Sa première se déroulera à Saint-Laurent-d’Aigouze au Printemps des Royales 2012. Il courra 5 fois cette année-là. 5 également en 2013 (dont une aux As aux Saintes). Passage aux As en 2014 avec la Royale à Beaucaire pour le Muguet d’Or, le 6 avril, plus Palavas, Lunel, Les Saintes-Maries et Sommières (à l’Avenir).
2015 aux As : 1re course avec la Royale à Lunel le 29 mars, suivie de Beaucaire, Le Grau-du-Roi (Avenir), Beaucaire, Les Saintes-Maries, Le Grau-du-Roi.
2016 aux As : As, ouverture à Beaucaire, le 24 avril, suivent Nîmes, Beaucaire, Le Grau-du-Roi, Châteaurenard, Nîmes finale du Trophée des As.
2017 aux As : ouverture à Beaucaire avec la Royale le 9 avril, Le Grau-du-Roi, Beaucaire, Les Saintes-Maries, Le Grau.
2018 aux As : ouverture aux Saintes-Maries, le 1er avril, puis Le Grau-du-Roi, Beaucaire, Le Grau-du-Roi, Châteaurenard, Nîmes finale du Trophée des As.