FEDERATION DES MANADIERS

L’alerte est lancée

« Les manades sont en danger de mort, notre art de vivre est menacé », attaque Florent Lupi président de la Fédération des manadiers, lors de la conférence de presse samedi dernier à la Grande Bourse de Nîmes, appelant à une grande mobilisation suite à l’augmentation des cotisations par l’assureur Groupama qui met à mal l’équilibre financier déjà précaire des élevages. Les enjeux sont conséquents : économiques, territoriaux, sociétaux, environnementaux…Le taureau et sa culture sont en danger…
Notamment ciblées par l’assureur – mais pas seulement – les abrivado et leurs accidents auxquels les manadiers opposent « un comptage opaque des sinistres, des responsabilités qui reposent seulement sur le propriétaire de l’animal ». Ils proposent « des chartes de bonne conduite, une démarche qualité et un risque partagé entre organisateurs, attrapaïres, municipalité… Et du temps pour s’organiser ». Devant le peu de réaction de l’assureur, les éleveurs portent le débat sur le plan juridique pour faire changer la loi et sur la place publique pour défendre « une exception culturelle ». Ils en appellent au peuple de bouvine, aux clubs taurins, comités des fêtes, mairies, aux élus locaux et autres parlementaires dont certains, mesurant l’impact négatif pour leur territoire, ont déjà répondu présents.

Les manadiers Bérenger Aubanel, Florent Lupi, Jeannot Lafon.

Pour ce faire, la Fédération des manadiers invite à une large réunion publique, lundi 17 février, 18 h, à l’auditorium de Fourques et aux 1res assises de villes de traditions camarguaises le vendredi 21 février, à 16 h, en Arles (Maison de la vie associative), dédiée aux représentants de l’Etat et des collectivités territoriales, élus (actuels ou futurs), etc.
Déjà engagée dans le projet de reconnaissance de la culture et du patrimoine camarguais à l’Unesco, la Fédération des manadiers en rappelle son exception culturelle et son art de vivre, son impact économique et sociétal et l’efficacité des élevages de taureaux dans la gestion de cette race unique et de la maintenance de la biodiversité. « L’œuvre du Marquis de Baroncelli est en danger, alerte Béranger Aubanel, tout autant que la transmission d’une culture ». « Nos terroirs ont des cultures singulières, appuie Florent Lupi, nous les défendons de la globalisation ».
120 manadiers, 18 000 taureaux, 10 000 chevaux, et plus de 25 OOO hectares en dépendent, ainsi que – environ – 3 000 abrivado, 900 courses camarguaises et tous les spectacles taurins des villages et activités en manades.

MARTINE ALIAGA
Texte et photos

Présents à la conférence de presse : de la Fédération des manadiers Florent Lupi, Bérenger Aubanel, Jeannot Lafon ; Patrick Garcia représentant le Syndicat intercommunal des communes qui soutiennent les traditions, coutumes et sites camarguais ; Laurent Burgoa représentant le Conseil général du Gard ; Victor Jalaguier, collectif “touche pas à mes passions" ; Marie Piles.