FEDERATION DES MANADIERS

Premier bilan d'activité

Le problème des assurances mobilise la profession

Après un an d’existence, la Fédération des manadiers a tenu son assemblée générale vendredi dernier au Centre du Scamandre (Gard) remplissant la grande salle de ses adhérents (environ 120 présents). Outre le déroulement rituel d’une AG, comptes rendus moral, sanitaire et financier, les débats se sont concentrés sur l’assurance professionnelle des éleveurs dont l’interlocuteur majeur annonce une augmentation vertigineuse ou pour certains, une radiation en fin d’année.
Florent Lupi, président de la Fédération, explique : « Le principal assureur mutualiste veut modifier les conditions d’adhésions (cotisation multipliée par 6). Face à ce constat, et avec le soutien de nombreux élus et représentants de l’Etat, nous nous engageons à mettre en place un label qualité pour améliorer la pratique et assurer un déroulement des jeux et activités taurines avec plus de professionnalisme mais aussi de collaboration avec les organisateurs, communes, jeunes, dans l’objectif de diminuer les risques tout en gardant l’essence même des pratiques culturelles ». Parallèlement, la Fédération des Manadiers poursuit la consultation des cabinets d’assurance au niveau européen et s’engage dans une démarche de fond visant à faire évoluer la législation. « En effet, les risques légaux liés à la pratique des jeux taurins sont tous, à ce jour, portés par les manadiers. Le code civil (ou rural) ne prend pas en compte la spécificité des pratiques culturelles locales de la bouvine, ce qu’entendent bien travailler les manadiers accompagnés des élus et juristes mobilisés ». La profession sra vigilante.
120 manadiers présents
L’assemblée a aussi défini les axes de projets permettant de promouvoir et valoriser les activités des manades : agrotourisme, vente directe (une remorque frigorifique a été acquise avec l’aide du PETR du Pays d’Arles), appui juridique.
Côté piste et course camarguaise : des propositions ont été débattues dans les commissions et au comité directeur de la FFCC. Après la mise en adéquation du quota de raseteurs/tourneurs et la taille des pistes, le second gland primé après la cocarde et le 1er gland, la difficulté de faire progresser les jeunes cocardiers pour les mener aux As est toujours de mise. Les éleveurs sont donc attentifs aux projets pour leurs jeunes taureaux et vaches, tels que Promesses de taureaux à pérenniser et amplifier en lien avec les organisateurs.
Au bilan de cette première année, le regroupement des manadiers au sein d’une même instance est bénéfique. L’union faisant la force pour peser sur les décisions comme de négocier sur les assurances. Problème crucial du moment.
Le président insiste : « Les élus des manadiers ont défendu avec toute leur énergie, la dimension éthique que représente le taureau ». Sachant que les manadiers élèvent près de 16 000 bovins au sein de 200 exploitations et que le rayonnement culturel, sociétal, touristique et économique de leur métier profite à 2 régions (Provence, Occitanie) et à des milliers d’afeciouna.

MARTINE ALIAGA
Texte et photo

Le conseil d’administration s’est réuni à six reprises. Patrick Laurent (secrétaire) et Florent Lupi (président), membres du bureau de la FFCC, ont assuré une présence permanente. Les manadiers Bruno Quet, Frédéric Bon, Sylvie Rousseau, Véronique Magnoni ont représenté la profession au comité directeur tout autant que Francis Fassi, Thierry Teissier au sein des commissions fédérales FFCC.