ASSOCIATION DES PRESIDENTS DE COURSE

Vers plus d’équité, d’indépendance et d’impartialité

Nicolas Manchon, président de l’APCC, Véronique et Grégoire Mannoni.

Le sujet tourne en boucle depuis plusieurs années. Poussée par le Ministère des Sports, la FFCC doit mettre en place un corps arbitral pour faire appliquer le règlement. Les présidents de course actuels sont donc au centre de ce dispositif difficile à actionner et sur lequel FFCC et APCC planchent concrètement depuis deux ans. Lors de l’assemblée générale de l’Association des présidents de course à la manade Mogador, dimanche passé, la plus grande partie des débats a porté sur ce thème. La formule serait de garder un président animateur, un assesseur, et d’ajouter un arbitre (nommé et défrayé par la FFCC ?).

« Lors du comité directeur FFCC du 19 décembre, explique Frédéric Niguet (FFCC), le projet a été voté mais sans l’approbation des raseteurs qui ont démissionné. Du coup, ce ne sera pas appliqué aux As en 2020 mais nous essayerons à l’Avenir sur une quinzaine de courses. Les réunions se poursuivent ». Les présidents eux sont favorables au projet avec des personnes formées et après un examen. Ils souhaitent par la voix de leur président Nicolas Manchon « se remettre en question, se former. Un corps arbitral est indispensable si l’on veut progresser dans l’équité, l’indépendance et l’impartialité. Tout cela commence par le respect mutuel des uns et des autres ». «Il faut que le bon sens prévale, défendent Norbert Nesti et Claude Chevalier, les litiges font partie de la course camarguaise… Ne serait-ce pas plus simple d’appeler le président, arbitre pour être en règle avec le code du sport?». On le voit, c’est loin d’être réglé.

Parmi les autres thèmes de cette assemblée générale, le compte rendu moral du secrétaire Frédéric Clarey a listé 45 adhérents, les réunions du bureau, la participation de l’APCC à l’examen de président de course, et la nomination des présidents à Graines de raseteurs. Le solde financier, calculé par le trésorier Claude Chevalier, est positif à 2 254,27 €. « L’association se porte bien, poursuit Nicolas Manchon, nous avons l’agrément fédéral et une licence à la Fédé ; nous demandons également des juges de pistes ». Rappelant les menaces qui pèsent sur les élevages et les traditions, le président «prône l’unité et le respect, l’amour de la confrontation entre l’homme et le taureau » et cite « Chaque taureau est unique, il y a les classiques, les spectaculaires, tous sont bons, il suffit d’exploiter leur personnalité pour leur permettre de s’exprimer ». Et là tout le monde est d’accord.

Texte et Photos
MARTINE ALIAGA

Remise des cadeaux aux manadiers Véronique et Grégoire Mannoni

Bouquet de fleurs et remise du couteau du gardian par Michel Cassagne du CT Lou Senglié de Frontignan avec Nicolas Manchon et Philippe Gibert de l’APCC.

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La visite des cocardiers.

Une journée chez les gens de Mogador

Grégoire Mannoni.

Prés verdoyants entouré d’arbres, taureaux, chevaux, mas ancien, salle… Tout joli, tout propre… En pleine nature, à deux pas d’Arles, la manade Mogador est un hâvre de paix entre les Alpilles et la Camargue.

L’élevage est fondée en 2005 et aujourd’hui Véronique Mannoni et ses enfants Grégoire et Lugdivine gèrent 95 taureaux sur des terres arlésiennes et fontvieilloises.

« La sélection du début, d’origine Cavallini, Lapeyre et La Galère est aujourd’hui orientée, explique Grégoire, vers des taureaux ayant du cœur et de la finition. C’est pour cela qu’on a gardé l’origine Lapeyre et rajouté du sang Cuillé par Renaud Vinuesa et la descendance d’Escapa ».

Boutard le plus connu au début de l’élevage – récompensé de quelques trophées entre 2009 et 2012 – a engendré Jojo, ou encore Asti qui, à 8 ans, porte de réels espoirs. Tout autant que Libeloio (4 ans), le dernier bijou de la manade. On peut aussi citer Macaron, Ilarion et Gévaudan…

Le mas des Baumettes est dotée d’une salle de réception et l’élevage est autonome en fourrage ce qui permet à la famille Mannoni de construire sereinement son avenir. Pas de surenchère ni de pression chez les gens de Mogador, juste une passion à partager.

Le Mas des Baumettes.