ARLES

La course camarguaise au collège

Les portes des arènes ouvertes pour les ados à la découverte de la course camarguaise.

Après-midi d’hiver plein soleil sur le sable des arènes d’Arles bien protégé par les vieilles pierres qui tout là-haut tutoient un ciel sans nuage.

Filles et garçons travaillent l’approche du frontal.

Animation en piste : une vingtaine d’ados suit deux ateliers animés par le CTS de la FFCC, Cyril Garcia, assisté de deux raseteurs Stéphane Dunan et Jawad Bakloul (en apprentissage du BPJEPS), deux jeunes en emploi civique et du professeur d’éducation physique M. Pollono.

Pas évident de trouver son pied d’appel pour passer l’obstacle.

Garçons et filles issus des classes de 6e et 5e du collège Ampère s’investissent de bon cœur dans les trajectoires tracées par les éducateurs allant de l’assaut du frontal à l’arrivée et au saut des planches. Premières approches avec l’art du raset.

Autour, toutes les personnes impliquées dans cette 1re classe option Camargue ouverte depuis septembre 2018, aboutissement d’un long travail initié par Jean-Marc Soulas, président de la FFCC : « La course camarguaise a des valeurs éducatives, la passion existe, il faut y rajouter l’épanouissement des raseteurs et la connaissance de tout ce qui gravite autour ». Jean-Marie Cassany, principal du collège Ampère, entouré de son équipe pédagogique, renchérit : «  Le collège a été convaincu d’ouvrir une session Camargue inscrite dans un projet d’établissement ouvert aussi sur l’enseignement du provençal, la culture, SVT, éducation physique, etc. C’est une option que vingt élèves ont choisie – 10 filles, 10 garçons – et qu’ils pratiquent tous les mardis après-midi (15h-17h) dans ces ateliers. Là, ce ne sont pas que les qualités physiques qui sont privilégiées mais surtout la motivation de chacun. Cela va dans le sens de la pérennité de notre culture locale et crée une dynamique dans l’idée de raccrocher la population à son patrimoine local ».

Autour du CTS de la FFCC, Cyril Garcia.

Cyril Garcia apprécie de « collaborer avec l’Education Nationale et la chance de sensibiliser les jeunes, autant les filles que les garçons, aux traditions », il détaille le contenu de son travail : « nous abordons le basique, le raset, la rencontre avec l’animal, le crochet, mais aussi, avec les autres professeurs, l’économie, l’environnement, les langues, le costume, l’agriculture, la culture au sens large. On touche aussi à la prévention des risques (avec les chevaux et les taureaux). Tous ces jeunes ne deviendront pas raseteurs mais ils connaîtront le milieu et s’investiront peut-être dans une manade, en tant qu’organisateurs, cavaliers ou afeciouna ».

Et tandis que la classe « session Camargue » travaille ses fondamentaux, les représentants des nombreux « corps constitués » qui lui ont apporté aide et bienveillance, se félicitent de la concrétisation du projet. La mairie d’Arles représentée par MM Schiavetti et Planel. Gérald Rado, éducateur de l’école de raseteurs d’Arles et son président Jean-Paul Maragnon. Lola Jalabert pour Ludi Arles Organisation. Patrick Laurent pour les manadiers. Et bien sûr l’équipe enseignante du collège Ampère et la Fédération française de la course camarguaise. Une réalisation gagnant-gagnant pour tous, et surtout pour les élèves qui, en prime, pourront se targuer d’avoir accès à la piste arlésienne, lieu mythique s’il en est pour la course camarguaise.

MARTINE ALIAGA
Texte et photos

Pour afficher fièrement son appartenance.

Tous repartiront avec leur t-shirt floqué au nom du collège Ampère et de la Fédération française de course camarguaise.

Applaudis par leurs éducateurs, les jeunes reçoivent leur tunique blanche des mains de Jean-Marc Soulas et Jean-Marie Cassany.