ARLES : 1er juillet, 87e Cocarde d’Or

Et de 3 pour Joachim

Joachim Cadenas

Le rituel arlésien du premier lundi de juillet a tenu toutes ses promesses. Chaleur incandescente, raseteurs prêts à toutes les folies, spectateurs remontés comme des coucous, cocardiers – pour certains – ne sachant plus où donner de la tête et des cornes…
Mais avant la grande bagarre, hommage avait été rendu à celui qui a « inventé » la Camargue, le Marquis Folco de Barconcelli, pour les 150 ans de sa naissance. Une grandiose occupation de la piste rappelant tous les combats, les amitiés, les créations des grandes associations aujourd’hui en charge de transmettre l’héritage aux côtés des arrière petits-enfants Aubanel et Réginald Bérenger. Jeux gardians, ballet des Arlésiennes, hommage à la Reine Naïs Lesbros et ses demoiselles d’honneur pour leur dernière Cocarde d’Or.

Pas de round d’observation, Joachim – Mari Peù, les premiers frissons.

Dans le bruissement frénétique des éventails, le premier taureau sortait. Pas de round d’observation, quarante-cinq chemises blanches (et 10 tourneurs) se jetaient à l’assaut d’un Mari-Peù à bonne température, lui aussi, rendant coup pour coup, dangereux, et avec un placement sans faille. Excellent ! Dans la nuée, Joachim Cadenas affichait ses intentions, oubliant son corps pour se jeter témérairement entre les cornes.

Youssef Zekraui a pris tous les risques, s’est fait bousculer plusieurs fois, ici avec Vallespir.

Youssef Zekraoui, à gauche, au plus près du taureau, lui aussi, prêt à s’imposer. Vallespir fit ce qu’il avait envie de faire, tandis que Ciacchini entrait dans la danse. Boudet, lui, les cornes en mode faucheuse, repoussait les assauts, et la stratégie des uns et des autres prenait forme. Monro subit un déluge et Félix s’invitait dans la chasse aux attributs.

Jérémy Ciacchini a, lui aussi, passé l’après-midi dans les cornes, à la limite de l’accrochage. Ici avec Ubaye.

Ubaye, toujours en mouvement voit Joachim prendre une grosse option avec la cocarde et la ficelle soit 14 points. Youssef prend tous les risques mais reste à 5 points, Ciacchini engrange encore 2 points (9). Perroquet arrête les compteurs, la 87e Cocarde d’Or est à Joachim Cadenas. Et de trois !

MARTINE ALIAGA
Photos MALI et CHRISTIAN ITIER

Guillaume Gillet.

Mari Peù, premier émérite de la course, se voit gratifié du prix Charles-Farine du meilleur cocardier. C’est mérité. Guillaume Gillet, le manadier : “Ça fait toujours plaisir de gagner un prix comme celui-ci, surtout en sortant à cette place là qui est la difficile place de 1er. La Cocarde d’Or on le sait, c’est la course où les taureaux souffrent le plus… c’est un peu la cohue. Il s’en est très bien sorti en promenant un peu les hommes, en se battant sur les rasets engagés et en venant faire les grosses actions qu’il sait faire.  Il confirme bien ses origines. Ça fait plaisir".
Propos recueillis par STEPHANIE GAUD

Vallespir s’intéresse de près à la contre-piste mettant en ébullition et en joie les spectateurs.