AIGUES-VIVES : 74e Congrès de la FFCC

Un projet fédéral bâti sur la formation

Les premiers intervenants de la matinée : (de g. à d.) Jacky Rey, maire d’Aigues-Vives ; Jean-Marc Soulas, président FFCC ; Christophe Navarro, président du comité d’animation et l’animateur Jean-Pierre Delor.

Formation et encadrement, confiance et respect, discussion et consensus, intérêt général… Ce sont les mots le plus souvent entendus hier au 74e Congrès FFCC à Aigues-Vives devant une assemblée calme et attentive. Apaisée par une « trésorerie rassurante après la crise de 2016 », la Fédération par la voix de son président Jean-Marc Soulas peut dérouler son plan éducatif avec, déjà, quelques belles réalisations en cours et à venir. « Le but : la formation et l’épanouissement du raseteur, la passion étant la cerise sur le gâteau. Beaucoup d’investissement dans les écoles de raseteurs, les classes Option Camargue (collège Ampère d’Arles, Port Saint-Louis, en attente de Vauvert et de Pérols) en collaboration avec l’Education Nationale. Contrat pôle Ligue, le souci étant la sécurité du sportif pour que s’exprime le talent. Formation des cadres, certificats complémentaires spécifiques course camarguaises dans le cadre des BPJEPS ; encadrement et suivi médical, technique, psychologique du stagiaire…»

40 courses emboulées
en plus pour les jeunes taureaux

Côté bétail aussi, l’effort fédéral est là : « La FFCC organisera quarante courses de taureaux emboulés où manadiers et élèves se rencontreront. Les jeunes raseteurs ne doivent pas voir le taureau qu’en piste, il faut qu’ils connaissent le veau sous la mère et l’effort des éleveurs ». Compléteront le panel, les Promesses de taureaux (28 courses), Les Graines de raseteurs de Nîmes Métropole, le Trophée de Printemps à Vauvert (5 courses emboulées), etc.

Côté compétition, peu d’approfondissement sur le sujet mais le président a insisté : « Nous sommes une fédération sportive, il faut donc respecter les règlements mais sans déformer la course camarguaise. Et comme dans toute compétition, il nous faut un corps arbitral, là on n’est pas dans les clous.Il nous faut évoluer sur la conduite d’une course, nous y travaillons avec l’association des présidents de course ».

Les finances
à l’équilibre

Côté financier, après le compte rendu de Patrick Pascal qui a présenté un budget à l’équilibre, pour un résultat de l’exercice à – 15 115 € et environ 100 000€ de subventions à venir, Francis Trinquier a établi un budget prévisionnel à la recherche de réduction sur les charges de fonctionnement mais aussi avec des projets réalistes et ambitieux, « un budget de bon père de famille ». Et une promesse de Jean-Marc Soulas : « Je m’engage à ne pas toucher à l’épargne. Aujourd’hui la FFCC est en mesure d’assurer son fonctionnement – merci aux collectivités – mais sans partenariats pas de projets, alors il faut continuer…»

Le docteur Christophe Pellenc, lui, a parlé d’une « année difficile avec des accidents graves pour 288 faits de course ». Une évolution dans la recherche de dopage avec un organisme référent qui traitera les dossiers hors FFCC. L’installation d’une fiche médicale sur chaque stagiaire, le renouvellement des conventions avec les structures médicales hospitalières et, en perspective, la formation des raseteurs aux premiers secours. Et si les clubs taurins sont restés un peu sur le faim – mais le président les a rencontrés la semaine passée -, l’assemblée générale est restée paisible au sein d’un week-end festif très couru par les afeciouna. De bon augure pour le début de la saison ?

MARTINE ALIAGA
PHOTOS CHRISTIAN ITIER ET MALI
Photo de tête : les diplômés de la FFCC

Dans la salle.

COMPTE RENDU MORAL

Le secrétaire Christian Vallat a présenté le bilan moral 2018 qui a vu se confirmer les projets. Notamment celui de la formation et le suivi des stagiaires en Ligue avec Cyril Garcia et Benjamin Bini. Stage au Scamandre de 3 jours pour les élèves des écoles. Plan citoyen du Sports. Promesses de taureaux, 36 courses. Animations pédagogiques.Promotion dans divers salons. Le magazine fédéral : 3 500 exemplaires. Le fascicule fédéral avec calendrier : 20 000 exemplaires. Projet pour le suivi, l’aide et passage d’examen des présidents de courses. Formation des encadrants des écoles.

Quelques chiffres bilan 2018 : 2 452 licences.Licences par départements : clubs taurins, 36 dans les Bouches-du-Rhône, 58 Gard, 29 Hérault, 3 Vaucluse. Raseteurs : 46 (dans le 13), 35 (30), 26 (34), 2 (84). Ecoles : 6 (13), 5 (30), 5 (34). Manadiers : 1 (Aude, 11), 56 (13), 47 (30), 34 (34), 1 (84).

751 courses organisées et réalisées : 204 (13), 369 (30), 163 (34), 15 (84). 108 annulées par la météo.

Spectateurs : 308 373 (baisse significative aux As par rapport à 2017).

Comité directeur : ont été cooptés (postes vacants), Frédéric Bon, Yassin Naïm, Youssef Zekraoui, Pierre Pancin et Hugues Clavel.

Soumis au vote des adhérents : l’association des raseteurs demande à passer l’invitation des tourneurs éducateurs des Ligues de 80 à 100 € : 118 votes contre, pour 40 ; 13 abstentions.

AMBIANCE ET FREQUENTATION AU TOP

La pena Los Caballeros.

L’affluence de spectateurs samedi à la Ligue puis à la soirée de présentation de la saison aigue-vivoise et dimanche à la course, a étonné positivement les organisateurs du week-end qui ont fait preuve d’un réel sens de préparation et de gestion de l’intendance. Après le congrès, le repas a fait salle comble et la peña Los Caballeros a chauffé les convives de son répertoire éclectique et chaleureux. Comme à Aimargues, dimanche dernier, les gens de bouvine ont fait démonstration de leur engouement et de leur hâte à retrouver le chemin des arènes.

Robert Malaval, Jacques Blatière, la manade Lautier mis à l’honneur

Sympathique moment de fin de Congrès quand la FFCC met en lumière ses acteurs en présence de Naïs Lesbros Reine d’Arles et sa demoiselle d’honneur Amandine Sabatier. Frédéric Niguet a remis le Diplôme fédéral au délégué gardois Robert Malaval, en activité depuis 17 ans. Florent Lupi a offert le Mérite fédéral au manadier Jacques Blatière, « 3e génération d’une dynastie d’éleveurs ». Thomas Dumont remettait le titre de championne de France à la manade Lautier, réprésentée par Manon et Maguelonne, petites-filles de Janine et Bernard, les fondateurs de l’élevage.

INTERVENTIONS : en bref

PROJET UNESCO

L’Association pour l’aide à la reconnaissance du patrimoine camarguais au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco, a été présentée par son président Florent Lupi. Donnant rendez-vous le 6 avril en matinée pour son assemblée générale au Scamandre.

BILAN SANITAIRE

Sébastien Attias, directeur du pole élevage à la Chambre d’Agriculture des Bouches-du-Rhône et directeur du GDS, fidèle au Congrès FFCC, a fait un bilan sanitaire du cheptel camarguais plutôt satisfaisant. Une bonne gestion de la menace de la tuberculose sur cette race menacée à faible effectif et une situation majoritairement favorable quant à l’IBR. Attention quand même à une obligation de mises à jour des vaccinations et rappels à échéance 2020. Et un clin d’œil amical à la manade Laurent pour son Biòu d’Or Jupiter. L’élevage a été précurseur quant à la préservation de son sang.