13e CHARROI DES OLIVES

La balade qui rend les gens heureux

Dans la nuit

De toute l’Occitanie ils sont venus, passer la nuit au pas des chevaux, reliant Saint-Geniès-des-Mourgues à Sommières pour assurer la livraison des olives au Moulin de Villevieille. Une troupe de 140 participants goûtant la simplicité d’une pratique d’antan où l’effort physique trouvait récompense en la joie du travail accompli, des échanges chemin faisant ou bien dans l’intériorité permise quand l’obscurité se referme sur les pensées de chacun. Entre réflexion propre et partage sous une myriade d’étoiles, la magie du Charroi a encore une fois opéré.
Autour des charrettes, dans les sons oubliés des roues grinçantes, des grelots, des sabots sur le sols et du souffle des chevaux, chacun a ses bonnes raisons d’être là : les présents depuis la première nuitée, reviennent chaque année, prendre leur dose de bonne humeur et de lâcher-prise. Les meneurs, sans qui rien de cette aventure ne serait possible, offrent leur savoir-faire et leurs chevaux. Les nouveaux découvrent, un peu destabilisés, une draille obscure où les repères ne sont plus les mêmes. D’autres, randonneurs dans l’âme, cherchent une nouvelle expérience. Certains, encore, marchent pour la petite Gladys que l’Association du Charroi de Saint-Geniès a décidé d’aider…

En cette année-record de participants, malgré un petit retard au démarrage (“big up" pour le président !), l’ambiance se créée dès le départ de Saint-Geniès-des-Mourgues pour caler l’enthousiasme des chevaux et canaliser les marcheurs “Mettez-vous à gauche des charrettes". Et le convoi prend la route, l’obscurité se referme, rien n’est plus pareil. Sous les capuches, casquettes et bérets, on a du mal à se reconnaître alors on parle à tout le monde. Chacun cherche son pas, au plus près de celui des chevaux “Ils marchent vite quand même !" La nuit avale la troupe qui se perd le nez dans les astres scintillants  “Fais un voeux c’est une étoile filante !"

Halte à Saint-Christol.
Les amis de Saint-Christol.

Les lumières de Saint-Christol Entre Vignes font ciller les pupilles et la halte de l’ancienne gare propose soupe et café “Merci les amis !". Ça commence à cailler quand Boisseron se traverse et que le bois des brigands fait jouer ses ombres et ses recoins.
Au fil des kilomètres, les mollets sont moins gaillards et les reins moins souples, les chevaux, eux, seuls ou en paire, gardent leur rythme mais la mule veut toujours passer devant “Elle est toujours comme ça !"

Avant le “dabaladou" du bout du chemin, dans le jour levant, Sommières se découpe. Les fortifications anciennes sont un décor de choix pour voir passer le Charroi. Au pont romain, “photo pour la carte postale emblématique", c’est toujours le même bonheur malgré le froid qui mord les meneurs juchés sur les attelages “Là y’a rien qui pare !"

Passage du pont romain.

Filons au Moulin de Villevieille déposer la cargaison. Accueil chaleureux et rassérenant au milieu des badauds et des flashes qui crépitent. Délestés de leurs fardeaux, les chevaux se reposent dans le parc de l’ancien collège, alors que les tablées s’installent attendant de cueillères fermes les premiers plats fumants d’Isi, le traiteur. Et un bon coup de rouge pour pousser “Waouh, le premier il décape !".

Merci à Guy Marotte et Jean-Jacques Rousset.

Au milieu des conversations qui enflent, petit coup de chapeau pour Guy Marotte, maire, et Jean-Jacques Rousset, élu, qui depuis le premier jour, ont accompagné et facilité la logistique de l’équipée.  La loterie fait monter l’ambiance parmi les convives qui s’attardent. La navette est prête à ramener les marcheurs, les chevaux sont réattelés “Allez on y va !"

Le soleil est haut pour le retour où la traversée du marché est l’un des faits d’arme du Charroi, au milieu des étals et des chalands, il ne reste pas beaucoup de place. Les meneurs s’appliquent, pas de suée froide cette année, personne n’est parti avec un stand.  Chaque charrette a fait son plein d’invités. Ça blague à tout va, ça cascaille,  ça rigole chez Aimé, ça glougloute chez les dindes, ça chambre, ça boit sa coupe de champagne à la pause…

Sur les faciès, la fatigue se lit mais les yeux brillent. La route s’étire gentiment jusqu’à Saint-Geniès où l’apéro final permet les derniers échanges. Gladys est là, avec son papa, pour recueillir l’offrande du Charroi. Clap de fin “Encore une fois,  on s’est bardés !".

MARTINE ALIAGA
Photos Martine Aliaga, Benoit Pastor, Chantal Robert et Frédéric Chevalier (à voir en cliquant sur le ce lien

https://photos.app.goo.gl/Z3PtE88zvqsfacmFA 

CHEMIN FAISANT

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